Hépatotoxicité secondaire à la nitrofurantoïne

Alice Mathieu-Bégin, Jean-Philippe Adam

Résumé


Résumé

Objectif : Présenter un cas d’hépatotoxicité médicamenteuse secondaire à la prise chronique de nitrofurantoïne en prévention des récurrences d’infection urinaire.

Résumé du cas : Une patiente âgée de 42 ans, présentant des antécédents de sclérose en plaques se présente à l’urgence pour un ictère progressant depuis quatre jours. Le bilan hépatique à l’admission était grandement perturbé. La bilirubine avait une valeur de 201 μmol/L et les enzymes alanine aminotransférase et aspartate aminotransférase avaient respectivement des valeurs de 976 et 919 U/L. La nitrofurantoïne a été retirée à l’admission, et le bilan hépatique s’est amélioré après quelques jours. En l’absence d’autres causes possibles, l’équipe traitante a conclu à une hépatotoxicité médicamenteuse secondaire à la nitrofurantoïne.

Discussion : La majorité des cas d’hépatotoxicité a été rapportée avec une durée variable de prise de nitrofurantoïne et des doses quotidiennes variant entre 50 et 400 mg. Les atteintes observées sont de nature hépatocellulaire, cholestatique ou mixte. Les signes et symptômes se résolvent généralement après l’abandon du médicament et l’ajout de corticostéroïdes. Des cas de décès et de toxicité hépatique sévère nécessitant une transplantation hépatique ont tout de même été rapportés.

Conclusion : L’incidence d’hépatotoxicité à la nitrofurantoïne est plutôt faible (0,020 à 0,035 %), si bien qu’aucun suivi n’est proposé lors de l’ajout du médicament. Malgré tout, les pharmaciens devraient suspecter une hépatotoxicité associée à la nitrofurantoïne chez les patients présentant des signes et symptômes d’hépatotoxicité lors d’une prise à court terme ou chronique.

Abstract

Objective: To present a case of drug-induced hepatotoxicity due to the chronic use of nitrofurantoin as prophylaxis for recurrent urinary tract infections.

Case summary: A 42-year-old female patient with a history of multiple sclerosis presented to the emergency department because of jaundice that had been progressing for 4 days. Liver profile upon admission was significantly increased. Bilirubin was 201 μmol/L, alanine aminotransferase and aspartate aminotransferase levels were 976 U/L and 919 U/L, respectively. Nitrofurantoin was discontinued upon admission, and the liver profile improved after a few days. In the absence of any other possible causes, it was concluded that this patient had drug-induced hepatotoxicity due to the use of nitrofurantoin.

Discussion: Most reported cases of nitrofurantoin-induced hepatotoxicity involve a daily doses ranging from 50 to 400 mg and different duration of use. The observed damage is hepatocellular, cholestatic or mixed in nature. Signs and symptoms generally resolve after the discontinuation of the drug and the addition of corticosteroids. Cases of death and of severe hepatic toxicity requiring a liver transplant have nonetheless been reported.

Conclusion: The incidence of nitrofurantoin-induced hepatotoxicity is low (0.020 to 0.035%), with the result that no monitoring is proposed when this drug is initiated. Pharmacists should nonetheless suspect nitrofurantoin-related hepatotoxicity in patients who present with signs and symptoms of hepatotoxicity during short-term or chronic use.


Mots-clés


Hépatotoxicité; infections urinaires; nitrofurantoïne; hepatotoxicity; nitrofurantoin; urinary tract infections

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Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0834-065X (version papier) ISSN 2291-3025 (version électronique)