Évaluation visuelle de la compatibilité physique de la naloxone avec d’autres médicaments intraveineux usuels

Sophie Tollec, Karine Touzin, Elaine Pelletier, Jean-Marc Forest

Résumé


Résumé

Objectif : Déterminer visuellement la compatibilité physique de la naloxone avec d’autres médicaments intraveineux dont l’administration simultanée en dérivé est fréquente.

Méthodes : L’évaluation de la compatibilité physique consiste à mélanger 1 ml de naloxone à une concentration de 0,4 mg/mL avec 1 ml de chacun des 94 médicaments à tester. Aucun des médicaments ne subit de dilution supplémentaire. L’évaluation est réalisée sous éclairage normal, à température ambiante, en duplicata. Après avoir agité mécaniquement le mélange, deux personnes l’observent à l’oeil nu, puis à l’aide d’une loupe comportant un grossissement de trois fois, aux temps 0 minute, 15 minutes, 1 heure et 4 heures.

Résultats : La grande majorité des médicaments testés n’ont démontré aucune incompatibilité, à l’exception de la cyclosporine, du diazépam, de l’indométhacine, du lorazépam, de la nitroglycérine, du pantoprazole, de la phénytoïne et du thiopental pour lesquels nous ne pouvons recommander l’administration concomitante en dérivé avec la naloxone en raison de l’incompatibilité physique qui a été observée. Des résultats contradictoires sont notés entre la naloxone et l’acyclovir, l’aminophylline, l’amphotéricine et la céfazoline. Des tests plus exhaustifs seraient à réaliser pour ces quatre médicaments.

Conclusion : Malgré les limites inhérentes aux tests de compatibilité physique, ils permettent néanmoins de fournir des données manquantes et de faciliter l’administration des médicaments intraveineux dans un contexte clinique. Il nous semble cliniquement très pertinent de réaliser ce type de test quand les données de la littérature scientifique sont absentes ou insuffisantes.

Abstract

Objective: To evaluate visually the physical compatibility of naloxone with other intravenous drugs during Y-site administration.

Methods: Physical compatibility was tested by mixing 1 ml of naloxone 0.4 mg/mL with 1 ml of each of the 94 drugs tested. Assessment was done under standard lighting conditions, at room temperature, and in duplicate. Following mechanical agitation of the mixture, two people did the assessment by visual inspection and with the use of a magnifying glass, with a magnifying factor of three, at times 0 and 15 minutes and at 1 and 4 hours.

Results: The majority of tested drugs did not demonstrate an incompatibility, with the exception of cyclosporine, diazepam, indomethacin, lorazepam, nitroglycerin, pantoprazole, phenytoin and thiopental. Due to the observed physical incompatibility, we cannot recommend co-administration of these with naloxone via y-site. Results were contradicting between naloxone and acyclovir, aminophylline, amphotericin and cefazolin.

Conclusion: Despite the inherent limitations of physical compatibility tests, they nonetheless provide missing data and facilitate the administration of intravenous drugs in a clinical context. It seems clinically relevant to us to perform these tests when the evidence in scientific literature is either absent or incomplete.

Key words: Injectable, naloxone, physical compatibility, y-site administration


Mots-clés


Administration en dérivé; administration en Y; compatibilité physique; injectable; naloxone

Texte intégral :

PDF

Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.


© A.P.E.S. Tous droits réservés
Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Canada ISSN 0834-065X (version papier) ISSN 2291-3025 (version électronique)